Ébénisterie: Placage et Marqueterie

Sylvain en plein travail Née de préoccupations purement esthétiques, l’ébénisterie est l’art d’orner et d’enrichir l’ouvrage du menuisier en l’agrémentant d’un décor plaqué, de bois précieux, de métaux ou de diverses matières animale. Véritable enveloppe masquant la structure réelle du meuble, tel décor permet à celui ci de bénéficier de toutes les ressources décoratives propres au dessin et à la peinture. L’ébénisterie n’est en fait que le point d’aboutissement de lentes recherches dont l’origine doit être trouvée dans l’art italien de la fin du Moyen Age, puis de la Renaissance. Ainsi, dès le XVe siècle, se développe, en particulier en Toscane, un art véritable de la « peinture en bois » sanctuaires, chartreuse et palais reçoivent de somptueux ensembles de lambris marquetés, dans lesquels portraits, paysages, natures mortes et trompe l’œil s’inspirent avec succès des œuvres des plus grands peintres. Benedetto da Maiano (1444-1496) est le plus illustre représentant d’une technique dont les plus beaux ensembles sont ceux d’Assise, de Gubbio ou d’Urbino. Ces étonnants ouvrages ont en fait été exécutés selon la technique de l’incrustation : dans les cavités creusées dans le support de bois, sont incrustés autant de pièces d’essences variées qu’il est nécessaire afin de composer tous les motifs et toutes les nuances du tableau ; ce procédé, proche de la sculpture , est donc bien différent de celui du placage tel qu’il sera plus tard pratiqué.
Célèbre est un métier comme ébéniste
En France, la technique de l’incrustation connut au XVIe siècle un réel épanouissement, tant dans les décors d’architecture intérieure, à Gaillon notamment, dont les stalles se trouvent à Saint Denis, que dans le mobilier proprement dit. Une véritable révolution s’accomplit au tout début du XVIIe siècle, à la suite de l’installation au Louvre par Henri IV d’artisans originaires d’Allemagne ou des PaysBas, ce qui eut pour conséquence de favoriser à Paris le développement d’une nouvelle technique : Celle du placage. Cette évolution est étroitement liée à un type de meuble, le cabinet, et à un bois l’ébène. Pendant un demi-siècle, en effet, furent réalisés par les « menuisiers en ébène », bientôt appelés « ébénistes » de magnifiques cabinets dont la structure était exécutée en menuiserie traditionnelle de chêne ou de sapin, tandis qu’un habillage extérieur d’ébène plaqué, véritable trompe-l’œil, en faisant toute la richesse. D’une épaisseur allant jusqu’à dix millimètres, les feuilles pouvaient recevoir un abondant décor sculpté en bas relief ou gravé ; cette survivance du relief était sans doute héritée de la Renaissance.
La vocation, c’est le bonheur d’avoir pour métier sa passion.
A la sombre gravité de l’apparence extérieure de ces cabinets s’oppose de charme coloré et baroque de leur intérieur, ou le caisson central, véritable architecture en réduction, reproduit avec une étonnante fantaisie les salles des plus riches palais ou les grottes des plus beaux jardins. C’est là que s’associent les bois de placages indéfiniment variés, l’ivoire, l’écaille de tortue ou le bronze doré, dont la profusion préfigure les développements futurs de l’ébénisterie. Au début du règne de Louis XV, en effet, les épais placages d’ébène disparaissent. Plus minces et en même temps plus variés, les bois exotiques autorisent la réalisation de véritables tableaux, non plus incrustés mais plaqués ; à la suprématie de la sculpture se substitue celle de la peinture : placage et marqueterie s’imposent dans l’art du meuble.

Si vous voulez en savoir plus sur la marqueterie et le placage

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